La France signe l'arrivée sur Peppol la plus rapide jamais observée.
Au 5 octobre 2026, 6 260 619 entreprises françaises figurent dans l'annuaire public Peppol, soit le premier parc mondial devant la Belgique. Le seul mois d'août 2026 a ajouté 1 995 371 fiches, un record absolu sur le réseau. L'obligation de réception s'applique depuis le 1ᵉʳ septembre 2026.
Il y a trois ans, à peine une centaine d'entreprises françaises figuraient sur le réseau Peppol. Aujourd'hui, elles dépassent 6,2 millions. Le seul mois d'août 2026 a ajouté près de deux millions de nouveaux participants. Voici comment cela s'est passé, à quoi ressemble la photographie actuelle, et ce qui vient ensuite.
Combien d'entreprises françaises sont inscrites sur Peppol ?
Au 5 octobre 2026, l'annuaire public Peppol comptait 6 260 619 fiches participants françaises. C'est le premier parc mondial, devant la Belgique (2 206 640), l'Australie (437 669) et la Norvège (393 174). Le parc français a plus que triplé depuis le 1ᵉʳ août 2026, porté par l'obligation de réception. Trois ans plus tôt, la France n'en comptait qu'une centaine.
La France représente désormais 62,4 % de l'ensemble des participants Peppol dans le monde : 6 260 619 fiches françaises sur 10 033 869 au total. Il y a un an, ce chiffre était négligeable. La Belgique, deuxième parc du réseau, en compte 2 206 640. L'essentiel du marché européen se concentre aujourd'hui dans ces deux pays.
Toutes les parts de ce rapport sont calculées sur ce même dénominateur : les identifiants participants de l'index Peppol, tous schémas confondus, sans dédoublonnage. Le camembert masque le calendrier. La croissance belge s'est étalée de manière régulière sur 2025. La vague française, elle, se concentre sur les cinq mois qui s'achèvent en septembre 2026.
D'où vient Peppol et depuis quand la France y participe-t-elle ?
Peppol est né en 2008 d'un projet pilote européen, Pan-European Public Procurement Online, destiné à faire circuler les factures publiques entre pays. L'association OpenPeppol en a repris la gouvernance en 2012. La France a rejoint officiellement le réseau en 2019, longtemps après la Norvège, le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas.
L'objectif était simple : permettre à toute administration européenne de recevoir une facture électronique structurée de n'importe quel fournisseur du continent, à travers un même protocole.
Pendant des années, ce fut un succès discret dans le secteur public. La Norvège et le Danemark s'y sont mis tôt. La Belgique et les Pays-Bas ont suivi. L'association OpenPeppol a repris la gouvernance en 2012 et transformé le pilote en un véritable réseau à quatre coins.
La France est restée à l'écart. La facturation du secteur public était déjà couverte par Chorus Pro, la plateforme nationale B2G. Peppol passait pour une affaire d'Europe du Nord. Cela a changé lorsque la réforme française du B2B a été repensée autour d'un modèle d'interopérabilité ouvert.
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2008OriginePeppol naît comme projet pilote européen (Pan-European Public Procurement Online).
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2017EN 16931Publication de la norme européenne de facturation électronique.
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2019La France rejointLa France se connecte officiellement au réseau Peppol.
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2020Chorus ProLa facturation électronique B2G est déjà obligatoire via Chorus Pro.
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2024Réforme adoptéeLa loi confirme l'obligation B2B et le modèle PDP.
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Sep. 2026RéceptionToutes les entreprises françaises doivent pouvoir recevoir.
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Sep. 2026Émission GE et ETILes grandes entreprises et les ETI doivent émettre.
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Sep. 2027Émission PMECouverture B2B complète, PME comprises.
L'année charnière, c'est 2019. La France rejoint officiellement le réseau Peppol. Peu de choses transitent alors sur le câble. L'obligation B2B n'a pas encore été rédigée. L'infrastructure attend, prête à servir.
Qu'est-ce qu'une PDP et pourquoi le modèle français est-il différent ?
La France a créé un rôle qui n'existe nulle part ailleurs sur Peppol : la Plateforme de Dématérialisation Partenaire. Ailleurs, une entreprise se branche sur n'importe quel point d'accès certifié ; en France, elle choisit une PDP, qui l'inscrit dans l'annuaire Peppol sous son propre SMP. Le PPF conserve l'annuaire et les services de cycle de vie.
Les autres pays se sont branchés à Peppol de la manière la plus simple. Une poignée de points d'accès certifiés transportent le trafic pour tout le monde. La France a choisi une autre voie.
La réforme française a inventé un nouveau rôle : la Plateforme de Dématérialisation Partenaire, ou PDP. Chaque PDP est un opérateur privé agréé par l'État pour émettre, recevoir et archiver des factures électroniques pour le compte de ses clients. Une PDP est essentiellement un point d'accès Peppol auquel s'ajoute une couche de supervision réglementaire française.
En régime de croisière, il n'y a pas de portail national unique. Le PPF (Portail Public de Facturation) prend en charge l'annuaire et les services de cycle de vie. Le trafic, lui, est acheminé par des PDP en concurrence. C'est ce qui rend le marché français intéressant : un marché régulé, pas un monopole.
À quelle vitesse la France s'est-elle inscrite sur Peppol ?
L'inscription est restée plate pendant les neuf premiers mois de 2025, puis a décroché : 50 316 nouvelles fiches en avril 2026, 75 136 en mai, 608 084 en juin. Le record est tombé en août 2026, avec 1 995 371 nouvelles fiches françaises sur un seul mois — le plus gros mois jamais observé sur Peppol.
Voici le graphique qui explique tout le reste. Chaque barre représente un mois de nouveaux participants français à Peppol.
Nouveaux participants Peppol français par mois
janvier 2025 → juillet 2026 · série d'inscription du cliché du 10 août 2026 · aucune échelle logarithmique, c'est la courbe réelle
Les neuf premiers mois de 2025 sont plats. La France ajoute 11 fiches en janvier, 8 en février, 19 en juin. Croissance annuelle totale pour 2025 : 3 077 participants. Modeste à l'échelle belge. Anecdotique à l'échelle mondiale.
Puis octobre 2025 grimpe à 298. Novembre à 1 235. Décembre à 1 303. Les premières PDP testent en production. Pennylane et Qonto commencent à charger leur portefeuille de petites entreprises.
En mars 2026, la courbe décroche. Avril ajoute cinquante mille fiches. Mai en ajoute soixante-quinze mille. Juin en ajoute plus de six cent mille sur un seul mois. L'obligation de réception entre en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026. Les PDP s'empressent d'enregistrer tous leurs clients avant la mise en service.
La série ci-dessus s'arrête en juillet 2026, dernier mois complet du cliché du 10 août 2026. Le décompte quotidien du réseau prend le relais et raconte la suite : la France passe de 1 921 601 fiches le 1ᵉʳ août 2026 à 3 916 972 le 1ᵉʳ septembre, soit 1 995 371 inscriptions sur le seul mois d'août. C'est le plus gros mois d'inscription jamais observé, tous pays Peppol confondus ; le précédent record appartenait à la Belgique, en décembre 2025. Le mois de septembre en a ajouté 2 275 096 de plus.
Participants Peppol français en cumulé
Mêmes données, empilées, jusqu'en juillet 2026. La forme : la crosse de hockey.
Les deux graphiques ci-dessus comptent les inscriptions par date d'enregistrement, telles que le cliché du 10 août 2026 les a relevées. Le total national affiché en tête de page (6 260 619 au 5 octobre 2026) vient de l'index de participants en direct : il est plus récent et légèrement plus large, car il inclut les fiches sans business card publiée.
Quelle plateforme domine le marché français ?
Au 5 octobre 2026, Pennylane est la première PDP française avec 16,73 % des participants Peppol du pays, devant Serensia (16,07 %) et jefacture.com (8,06 %). Au total, 163 opérateurs desservent la France. L'indice Herfindahl-Hirschman du marché s'établit à 0,08, très loin du seuil de forte concentration retenu par les autorités de concurrence.
Au 5 octobre 2026, 163 opérateurs desservent la France — 149 immatriculés par la DGFiP et 14 en attente — dont 136 portent au moins une fiche française sur le réseau. Pennylane, plateforme comptable des PME, mène avec 16,73 %. Serensia (Quadient) la suit de près à 16,07 % après avoir basculé son portefeuille de cabinets comptables pendant l'été 2026.
Principales PDP françaises
Part des 6 260 619 participants Peppol français au 5 octobre 2026 · top 9 nommé, le reste agrégé
Ces volumes comptent les fiches participant de l'annuaire Peppol (une inscription par identifiant). La carte départementale répond à une autre question et affiche des nombres plus bas : elle compte des unités légales — chaque unité active du répertoire SIRENE une seule fois, quel que soit le nombre de ses identifiants. Elle repose sur les données d'adoption PeppolStatus, relevées le 5 octobre 2026.
La longue traîne est intéressante elle aussi. Indy s'adresse aux indépendants. jefacture.com, exploité par BTX, cible les experts-comptables. Tiime, Le Village Connecté, Cecurity et SUPER PDP sont des PDP indépendantes, chacune sur sa niche. En dessous, une centaine d'opérateurs plus petits gèrent quelques centaines à quelques dizaines de milliers de comptes chacun.
Concentration du marché
Quelle part des participants français est portée par les principaux opérateurs
Les deux principales PDP détiennent 32,80 % du marché français, les cinq premières 52,66 % et les huit premières 67,20 %. Le marché s'est nettement desserré : au printemps 2026, deux opérateurs portaient encore près de 60 % des fiches. L'afflux de l'été a profité aux PDP adossées aux réseaux d'experts-comptables, et la longue traîne continue de s'étoffer à mesure que les ERP choisissent leur PDP de référence.
Les autorités de concurrence qualifient de « hautement concentré » tout marché dont l'indice Herfindahl-Hirschman dépasse 0,25. Le marché français des points d'accès se situe aujourd'hui à 0,08, très en dessous de ce seuil, et sans commune mesure avec les quasi-monopoles (IHH > 0,8) observés en Australie, au Royaume-Uni ou en Pologne. C'est aujourd'hui le marché de points d'accès le moins concentré des grands pays Peppol.
smp.pennylane.com, qui héberge 1 047 488 fiches françaises. My Unisoft tient à la fois smp-peppol.myu-pa.fr et ap-peppol.myu-pa.fr. Qonto, BTX et Serensia font de même. D'autres publient leurs fiches sur le SMP d'un partenaire : Indy, Yooz et Solo sur celui d'Iopole (smp.peppolint.tech), Cecurity et Abby sur celui de Tickstar. L'intégration verticale domine en volume, sans être la seule voie.
Quels SMP hébergent les fiches françaises ?
| Hôte SMP | Participants | Part |
|---|---|---|
| smp.serensia.net | 1 060 969 | 16,95 % |
| smp.pennylane.com | 1 047 488 | 16,73 % |
| smp.peppolint.tech | 517 532 | 8,27 % |
| smp.btx.jefacture.com | 504 412 | 8,06 % |
| smp.tickstar.com | 443 511 | 7,08 % |
| smp-peppol.viaadvalvas.com | 418 558 | 6,69 % |
| peppol-smp.digitalinvoice.tessi.eu | 379 396 | 6,06 % |
| peppol-smp-public.production.qonto-snc.co | 367 533 | 5,87 % |
Quels secteurs et quels départements adoptent Peppol le plus vite ?
Données PeppolStatus relevées le 5 octobre 2026 : 4 052 240 unités légales françaises apparaissent sur Peppol, soit 24,4 % en moyenne nationale. La finance et l'assurance atteignent 40,75 %, les télécoms et l'informatique 38,15 % ; les arts, sports et loisirs restent à 11,14 %. Selon le département, le taux varie de 18,2 % à 33,8 %.
La vague ne touche pas tous les secteurs ni tous les territoires au même rythme. L'API d'adoption de PeppolStatus rapproche le réseau Peppol du répertoire SIRENE — environ 16,6 millions d'unités légales actives, toutes formes juridiques confondues : sociétés, entrepreneurs individuels, associations, organismes publics. On en tire un taux de pénétration : la part des unités d'un secteur ou d'un département déjà présentes sur le réseau. Ces données ont été relevées le 5 octobre 2026.
À cette date, 4 052 240 unités légales apparaissent sur Peppol, soit une moyenne nationale de 24,4 %. Ce taux reste partiel, et il faut le lire avec son dénominateur : le répertoire inclut une longue traîne de structures dormantes ou micro, ainsi que des associations qui ne sont pas assujetties à la TVA. Ces chiffres ne se comparent pas à ceux que ce rapport publiait auparavant, calculés sur les seules sociétés à partir de l'annuaire public. Ce qui compte ici, c'est l'écart entre secteurs et entre départements.
Quels secteurs adoptent Peppol le plus vite ?
Taux d'adoption Peppol par secteur
Part des unités légales actives présentes sur Peppol · chiffres nationaux · nomenclature NACE rév. 2.1 · données PeppolStatus relevées le 5 octobre 2026 · trait rouge = moyenne nationale
Les services aux entreprises et l'industrie mènent la course. La finance et l'assurance (40,75 %), les télécoms et l'informatique (38,15 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (34,92 %) et l'industrie manufacturière (33,70 %) devancent nettement la moyenne. Les industries extractives affichent le taux le plus élevé (42,34 %), mais sur moins de 3 000 unités.
À l'autre extrémité, les arts, sports et loisirs (11,14 %), les autres activités de services (14,86 %) et l'enseignement (19,72 %) restent en retrait : ces sections comptent beaucoup d'associations. L'administration publique (0,46 %) et les organisations extraterritoriales (2,96 %) sont quasi absentes de ce décompte : le secteur public échange déjà ses factures via Chorus Pro. La section des ménages employeurs compte moins de dix unités sur Peppol ; la source masque ce chiffre, et elle ne figure pas sur le graphique.
Quels départements sont les plus avancés ?
Taux d'adoption Peppol par département
Part des unités légales actives présentes sur Peppol · données PeppolStatus relevées le 5 octobre 2026 · l'échelle de couleur est celle du rendu statique ci-dessous
L'écart entre départements est modéré : en métropole, le taux va de 18,2 % (Aude) à 33,8 % (Vendée), soit moins du simple au double. Les taux les plus élevés se trouvent en Vendée, en Ille-et-Vilaine et en Aveyron. La source réunit la Corse-du-Sud et la Haute-Corse en une seule valeur.
Explorez le détail département par département sur la carte interactive de l'adoption Peppol.
Comment la France se compare-t-elle à la Belgique, à l'Australie et aux Pays-Bas ?
La Belgique a gravi un escalier sur quatre mois avant son obligation de janvier 2026 ; la France a basculé d'un coup, avec plus de 730 000 fiches ajoutées entre avril et juin 2026. L'Australie, sans obligation, a atteint 437 669 participants par simple volontariat. Même réseau, trois dynamiques de lancement très différentes.
Chaque pays ayant déployé une obligation nationale de facturation électronique a laissé une empreinte différente dans l'annuaire Peppol. La forme de la courbe raconte la conception de la réforme.
Nouveaux participants par an · France, Belgique, Australie, Pays-Bas
Même réseau, dynamiques de lancement très différentes · série d'inscription du cliché du 10 août 2026 · 2026 : année partielle, arrêtée à cette date
Participants Peppol cumulés · France, Belgique, Australie, Pays-Bas
Le total en cours de route, année après année · série d'inscription du cliché du 10 août 2026 · 2026 : année partielle, arrêtée à cette date
La Belgique a suivi un parcours phasé, d'abord B2G puis B2B. L'obligation a frappé fort en 2025 et la courbe a bondi à 669 k nouvelles entreprises (numéro d'entreprise, scheme 0208) sur cette seule année. La courbe belge est la montée la plus raide jamais observée sur Peppol en régime stable — jusqu'à la France.
L'Australie a emprunté une voie très différente. L'Australian Taxation Office a promu l'adoption de Peppol sans imposer d'obligation. L'adhésion volontaire a produit 369 k nouvelles fiches en 2024, puis le rythme s'est calmé. L'Australie est aujourd'hui le troisième pays Peppol, presque entièrement sur la base du volontariat.
La France, c'est plus court, plus net, plus massif que les deux autres. La réforme compresse des années d'adoption volontaire en quelques mois autour de l'obligation de réception. La Belgique a mis 18 mois à ajouter ce que la France a ajouté en 90 jours.
La forme elle-même raconte l'histoire. La Belgique a gravi un escalier en quatre mois avant l'entrée en vigueur de l'obligation — 51 k en septembre 2025, 76 k en octobre, 105 k en novembre, puis 281 k en décembre. La France n'a presque rien fait pendant neuf mois, puis a déversé 734 k fiches dans l'annuaire entre avril, mai et juin 2026, avant de doubler la mise en août. La Belgique a grimpé. La France a basculé d'un coup. Le modèle d'agrément PDP fait toute la différence : un petit nombre d'opérateurs ont pu enregistrer en masse des portefeuilles entiers de clients à la veille de l'échéance.
France · multiplicateur d'une année sur l'autre
De combien chaque année a-t-elle crû par rapport à la précédente · série d'inscription du cliché du 10 août 2026 · 2026 : année partielle
Regardez le multiplicateur plutôt que le chiffre absolu. Le bond de 447× d'une année sur l'autre, mesuré sur une année 2026 arrêtée au 10 août 2026, est le plus important que le réseau ait jamais absorbé pour un pays donné. Le multiplicateur belge de 2025 a culminé autour de 14×. Le multiplicateur australien de 2024 a atteint 21×.
Le chiffre français joue dans une autre catégorie. Il est la conséquence d'une obligation qui fixe une date unique et d'un modèle d'agrément PDP qui permet à une poignée d'opérateurs d'inscrire en masse des portefeuilles entiers de clients.
Top 10 des pays par nombre de participants Peppol
Identifiants participants de l'index Peppol, tous schémas confondus, au 5 octobre 2026
Quelles obligations les autres pays Peppol ont-ils adoptées ?
La France impose la réception à toutes les entreprises depuis septembre 2026, puis l'émission par paliers jusqu'en septembre 2027, acheminée par des PDP agréées. La Belgique a rendu le B2B obligatoire en janvier 2026, sans intermédiaire agréé. La Norvège impose le B2G depuis 2012. L'Australie, elle, n'impose rien.
Chaque grand pays Peppol a formulé son obligation à sa manière. Voici comment la France se positionne face à ses voisins.
Réception obligatoire pour toutes les entreprises à partir de septembre 2026. Émission phasée : grandes entreprises et ETI dès septembre 2026, PME à partir de septembre 2027. Acheminée par les PDP agréées via Peppol.
B2B universel à partir de janvier 2026. Pas d'intermédiaire PDP, les entreprises choisissent n'importe quel point d'accès certifié. La Belgique est aujourd'hui le deuxième parc du réseau, avec 2 206 640 participants.
Obligation secteur public depuis 2012. Le cas d'école originel de Peppol. Le B2B reste facultatif mais largement adopté. Croissance régulière, pas de pic.
L'ATO promeut l'adoption de Peppol sans force légale. 438 k fiches atteintes par la seule adhésion volontaire. La preuve que le protocole fonctionne sans bâton.
Pourquoi Factur-X est-il propre à la France ?
Factur-X est un format hybride : un PDF lisible par un humain transporte à l'intérieur une charge utile XML structurée. Aucun autre pays Peppol n'utilise de profil hybride PDF/XML. Au 5 octobre 2026, 5 338 977 participants déclarent le profil français : plus que la facture CIUS (5 010 771), un peu moins que l'accusé cross-domain (5 766 769).
La France ne s'est pas contentée de se brancher à Peppol. Elle a publié ses propres profils documentaires. Le plus intéressant, c'est Factur-X.
Le PDF ressemble à une facture ordinaire. Le XML qu'il contient est entièrement lisible par la machine. La France a poussé ce format parce qu'il permet aux comptables et à l'administration fiscale d'ouvrir les factures visuellement, pendant que les machines analysent automatiquement ce même fichier. Aucun autre pays Peppol n'utilise de profil hybride PDF/XML — Factur-X n'existe nulle part ailleurs sur le réseau.
| Profil documentaire français | Participants déclarant le profil au 5 octobre 2026 |
|---|---|
urn:peppol:france:billing:cdv:1.0::D22BAccusé et réponse cross-domain | 5 766 769 |
urn:peppol:france:billing:Factur-X:1.0::D22BFactur-X (PDF/A-3 hybride) | 5 338 977 |
urn:peppol:france:billing:cius:1.0::D22BCross Industry Invoice | 5 011 061 |
urn:peppol:france:billing:cius:1.0::2.1Facture française CIUS | 5 010 771 |
Les chiffres ci-dessus sont du même ordre, et ce n'est pas un hasard. La grande majorité des participants français exposent la totalité du jeu : Factur-X, le Cross Industry Invoice en forme CIUS, et le profil d'accusé CDV. Cette symétrie indique que les PDP enregistrent leurs clients avec la pile française complète, et non un sous-ensemble.
Le réseau Peppol dans son ensemble compte 330 valeurs distinctes de types de documents. La France à elle seule a engendré environ huit variantes nationales en dix-huit mois, si l'on compte la facture CIUS, la forme CII, le profil étendu B2G, Factur-X, les variantes d'auto-facturation et l'accusé cross-domain. C'est pour cela que les participants déclarent en moyenne près de huit types de documents chacun, et que la France a franchi le cap des six millions de fiches tout en déclarant plusieurs dizaines de millions de lignes de doctypes.
Que change l'obligation de réception du 1ᵉʳ septembre 2026 ?
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, toute entreprise française doit pouvoir recevoir une facture électronique. L'émission suit par paliers : grandes entreprises et ETI à la même date, PME en septembre 2027. À la date de ce cliché, la plupart des participants français étaient inscrits mais n'émettaient pas encore de factures.
L'annuaire donne déjà une idée de ce qui vient. Avec 6 260 619 fiches françaises au 5 octobre 2026, les inscriptions couvrent désormais l'essentiel des entreprises françaises actives. Les PDP indiquent que le reste correspond à la longue traîne des micro-entrepreneurs et des entreprises dormantes. Le rythme reste soutenu après l'échéance : 2 275 096 fiches sur le mois de septembre 2026.
Le sujet plus large, c'est l'émission. À partir de septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI devront émettre l'ensemble de leurs factures B2B via une PDP. Les PME suivront en septembre 2027. C'est l'année où le volume sur le câble arrivera vraiment à maturité. Aujourd'hui, la plupart des participants français sont inscrits mais n'émettent pas encore. La courbe du trafic ressemblera à celle de l'annuaire, avec douze mois de décalage.
Que faut-il surveiller dans les prochains mois ?
- À quelle vitesse les parts de marché des PDP se consolident — ou continuent de se disperser. Les cinq premières pèsent aujourd'hui 52,66 %, contre près de 85 % au printemps 2026.
- Si Factur-X reste dominant, ou si l'UBL/CII pur gagne du terrain chez les grands industriels et les éditeurs de logiciels.
- Comment la Belgique et la France commencent à échanger des factures en volume. Les deux plus grands pays Peppol sont voisins, avec des conceptions d'obligation très différentes.
Que retenir de ce rapport ?
- La France est passée de quelques milliers de participants Peppol à 6 260 619 en moins de deux ans, soit 62,4 % du réseau mondial.
- Le seul mois d'août 2026 a ajouté 1 995 371 fiches — le plus gros mois d'inscription jamais observé, tous pays Peppol confondus.
- Le modèle d'agrément PDP a créé un marché régulé, pas un monopole : 163 opérateurs desservent la France et les deux premiers ne portent que 32,80 % du volume.
- L'obligation de réception de septembre 2026 en est la cause. Le volume d'émission montera en charge tout au long de 2027.
- La Belgique a gravi une marche pendant quatre mois. La France a basculé d'un coup. Même destination, dynamiques très différentes.
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Comment ces chiffres sont-ils calculés ?
Les volumes viennent de l'annuaire public Peppol, résolu via le SML officiel : nous comptons des fiches participants, des points d'accès et des routes SMP, jamais des factures. Volumes nationaux et parts par PDP : 5 octobre 2026 ; séries mensuelles : 10 août 2026. L'adoption par secteur et département vient de PeppolStatus (5 octobre 2026).
Une fiche d'entreprise est créée quand un participant rejoint le réseau. Chaque fiche est identifiée par son identifiant participant (le schéma à 4 chiffres et sa valeur). Une même entreprise peut techniquement disposer de plusieurs fiches si elle opère sous plusieurs schémas d'identification. Nous traitons chaque fiche comme une inscription distincte.
Ce rapport croise plusieurs relevés, et chacun porte sa propre date. Les volumes nationaux et les parts par pays viennent de l'index de participants en direct, lu le 5 octobre 2026. Les parts par PDP et par SMP viennent du même index, lu le même jour ; elles sont rapportées aux 6 260 619 identifiants français qu'il comptait à cette date. Le volume d'une PDP compte les identifiants actuellement enregistrés sous son certificat d'opérateur ; le total français inclut aussi les identifiants désinscrits ou sans opérateur rattaché, ce qui explique que la somme des parts n'atteigne pas 100 %. Les types de documents (nombre d'identifiants distincts, moyenne par participant, profils français) viennent de l'API PeppolStatus, lue le même jour. Les séries mensuelles et annuelles comptent les inscriptions par date d'enregistrement ; elles viennent du cliché de l'annuaire du 10 août 2026, reconstruit hors ligne, et sont une série historique close : juillet 2026 en est le dernier mois complet. La pénétration par secteur et par département vient de l'API d'adoption PeppolStatus, relevée le 5 octobre 2026 (). Ces jeux ne sont pas interchangeables et ne sont jamais mélangés dans un même calcul.
Les chiffres mensuels reflètent l'horodatage d'inscription enregistré par l'annuaire. Certaines PDP font des inscriptions en masse le week-end ; le bruit quotidien est donc lissé par le regroupement mensuel.
Ce rapport sera mis à jour à chaque jalon de l'obligation. Prochaine mise à jour prévue : janvier 2027, une fois le premier trimestre d'émission des grandes entreprises et des ETI derrière nous.
Comment réutiliser et citer ce rapport ?
Les chiffres, graphiques et textes de ce rapport sont réutilisables sous licence CC BY 4.0 : il suffit de créditer PeppolCheck.fr et de pointer un lien vers cette page. Citation courte à insérer dans un article : PeppolCheck.fr, Peppol en France, rapport de marché 2026, cliché du 5 octobre 2026.
Journalistes, analystes et chercheurs sont invités à citer, reprendre et republier les chiffres de ce rapport. Aucune autorisation préalable n'est nécessaire — il suffit de créditer PeppolCheck.fr et de pointer un lien vers cette page.
Quelle forme de citation utiliser ?
Forme courte (dans le corps du texte) :
PeppolCheck.fr, Peppol en France · rapport de marché 2026 (octobre 2026).
Citation complète :
PeppolCheck.fr (2026). Peppol en France · rapport de marché 2026. Cliché du 05/10/2026. Disponible sur : https://peppolcheck.fr/market/france
Quels chiffres clés sont prêts à citer ?
- 6 260 619 participants français à Peppol au 5 octobre 2026 — première place mondiale, devant la Belgique (2 206 640).
- 1 995 371 nouvelles fiches françaises ajoutées sur le seul mois d'août 2026 — le plus gros mois d'inscription de toute l'histoire de Peppol.
- 62,4 % de l'ensemble des participants Peppol dans le monde sont désormais français (6 260 619 identifiants sur 10 033 869, tous schémas confondus).
- Pennylane (16,73 %) et Serensia (16,07 %) portent à elles deux 32,80 % des participants français au 5 octobre 2026, sur 163 opérateurs qui desservent la France.
- L'obligation de réception entre en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026 ; les obligations d'émission suivent pour les grandes entreprises et les ETI.
Quelle licence s'applique ?
Les chiffres, graphiques et textes de ce rapport peuvent être reproduits à des fins éditoriales, académiques et d'analyse sous licence CC BY 4.0. Merci de créditer « PeppolCheck.fr » et de pointer un lien vers https://peppolcheck.fr/market/france. Les données sous-jacentes sont publiques (annuaire Peppol + SML).
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